(Re)visionnez le PATlab « Les modèles économiques dans les PAT » du mardi 22 juin 2021

Le PATlab est un dispositif créé dans le cadre du RnPAT. Il se veut un espace de réflexions et d’échanges sur un thème émergent de la territorialisation de l’alimentation. Son objectif principal est d’esquisser les axes de travail qui permettront d’approfondir le sujet. La prise de recul, le croisement de points de vue d’acteurs d’horizons variés et la prospective occupent une place privilégiée.

Le PATlab du 22 juin a permis d’aborder la question des modèles économiques dans les PAT :

Les PAT permettent-ils d’entrevoir de nouveaux modèles économiques porteurs de transition ? Existe-t’il un modèle économique sous-jacent aux PAT ? 

Deux séquences ont rythmé la matinée :

  1. Quelles formes de contractualisation permettraient de retrouver de la valeur pour la production et sur le reste de la filière viable tout en assurant l’accessibilité financière des produits ?
  2. Quelles structurations de l’écosystème d’acteurs permettraient le changement d’échelle, la systématisation de l’offre alimentaire en produits de proximité ?

Les participants inscrits à ce PATlab :

Etat collectivitésacteurs économiquesSociété civileEnseignement Recherche
61%27%5%7%

Ce PATlab aborde la problématique de la convergence des initiatives publiques et privées pour reterritorialiser l’alimentation et aborde les freins et les leviers des deux côtés, du côté des porteurs des PAT et du côté des parties prenantes à aller vers une hybridation des modèles. 

Il insiste sur le besoin de plus de transversalité au sein des structures et notamment une amélioration de la communication entre le développement économique sujet de ce séminaire et le PAT. Le premier étant souvent traité de manière complétement indépendante lorsque l’on aborde les sujets des (grandes) filières ou du développement industriel même alimentaire.

Présentation des intervenants :

Mathieu Désolé, économiste, enseignant chercheur à l’ISARA de Lyon

mdesole@isara.fr

Mathieu Désolé est économiste, enseignant chercheur à l’ISARA de Lyon. Il a été impliqué dans la Recherche-action SYAM – des Systèmes Alimentaires du Milieu, qui vise à expérimenter et outiller l’hybridation de systèmes alimentaires entre circuits courts et circuits longs.

Voir les fiches outils sur le Blog SYAM

Philippe Goetzmann, consultant, spécialisé sur la grande consommation

pg@philippegoetzmann.com

Philippe Goetzmann est consultant, avec un passé en grande distribution, spécialiste de la grande consommation. Dans son manifesto, il annonce la fin de la grande consommation, invite à réinventer les organisations qui ne peuvent plus être fondées sur la consommation de masse, et surtout inventer de nouveaux écosystèmes créateurs de valeur.

Il invite à « Faire Mieux », travailler en consortium d’acteurs économiques pour sortir de la Compétition et aller vers la Coopétition.

Thomas Pocher, directeur du Leclerc Templeuve

Thomas.Pocher.templeuve@scapartois.fr

Thomas Pocher est directeur des supermarchés Leclerc à Templeuve et Wattrelos proche de Lille, dans les Hauts-de-France. Il y a plusieurs années, il lançait les soupes solidaires « BON et Bien » pour réduire le gaspillage alimentaire.

Cette stratégie est basée sur le constat que 15 à 40% des légumes cultivés localement n’étaient in fine pas valorisés, notamment immédiatement après récolte (pour des problèmes de calibrage, aspect, conditionnement). Inexploitables bruts, ils sont achetés à bas prix, les collectés pour faciliter la vie des agriculteurs, et transformés pour revente locale.

Plus récemment il a monté un atelier de transformation qu’il utilise pour ce même type de valorisation et peut mettre à disposition des autres acteurs locaux. Il s’agit d’un outil indépendant, au service d’initiatives de ce type, qu’il gère comme une PME classique.

Il a participé à des ateliers de concertation de PAT, ateliers portant sur des orientations long terme.

Voir la fiche Sur l’initiative du Leclerc Templeuve publiée dans le cadre des Etats Généraux de l’alimentation le publié le 12 décembre 2017 sur le site de la DRAAF Hauts -de-France.

Isabelle Desclozeaux, responsable Projet Alimentaire Territorial, Education chez Sogeres – Sodexo

Isabelle.Desclozeaux@sodexo.com

Au cœur de ce PATlab, on parle des difficultés que les collectivités ont à travailler avec les entreprises privées, pour les joindre. La restauration collective fait pourtant exception. Les entreprises de restauration collective ont l’habitude de travailler avec les collectivités. On retrouve d’ailleurs le terme PAT dans l’intitulé de du poste d’Isabelle Desclozeaux.

Isabelle présente l’expérience Toque & Sens, une cuisine centrale expérimentale en région lyonnaise qui s’approvisionne en produits locaux et vise à servir d’outil pilote pour se rapprocher des demandes des collectivités en produits frais et locaux.

Lien vers la monographie présentant la démarche Toque et Sens, issue du projet PSDR SYAM

Julien Pech, directeur de la Coopérative Artisanale des Métiers de la Viande de l’Aude – CAMVA

aude.camva@wanadoo.fr

Julien Pech est le directeur de la Coopérative Artisanale des Métiers de la Viande de l’Aude – CAMVA, coopérative d’artisans Bouchers.

La CAMVA est une coopérative d’artisans bouchers, c’est-à-dire qu’il s’agit d’un grossiste en viande dont les sociétaires sont des artisans bouchers. Elle travaille pour leur approvisionnement en viande mais aussi autres produits. Elle a été amenée à travailler avec les éleveurs des Viandes des Pyrénées audoises et l’abattoir de Quillan dans le cadre du Pôle Territorial de Coopération Economique (PTCE) « 3EVA » pour approvisionner les artisans bouchers mais aussi la restauration collective dans le cadre d’Agrilocal.

Voir l’étude réalisée dans le cadre du PTCE : « Les circuits courts de la filière‐viande dans la Haute Vallée de l’Aude Acteurs, dynamiques et contraintes ».

Voir la note publiée par le Labo de l’ESS sur le PTCE 3EVA

Voir les travaux du Labo de l’ESS sur les Pôles Territoriaux de Coopération Economique (PTCE)

Maximilien Rouer, entrepreneur, La Note Globale, Né d’une seule ferme, le Conseil National de la Résilience Alimentaire.

mrouer@adaptations.eu

Maximilien Rouer a créé une entreprise de notation « La Note Globale » pour caractériser les produits de grandes entreprises par rapport à leur réponse aux attentes « globales » de la société, puis une start up, « Né d’une seule ferme » qui apporte une solution de transformation locale « à la ferme » et de commercialisation directement aux exploitations agricoles, enfin participé à fonder Le Conseil National de la Résilience Alimentaire et en est le président. L’objectif du CNRA est de structurer et professionnaliser le déploiement des circuits alimentaires locaux.

Le CNRA a organisé Journée parlementaire le 8 avril 2021. Il y a présenté le Baromètre de la résilience alimentaire

Lien vers le site CRATer – Calculateur de Résilience Alimentaire des TERritoires 

Charlotte de Soyres, pôle agriculture et alimentation de La Communauté urbaine du Havre Seine Métropole.

charlotte.desoyres@lehavremetro.fr

Charlotte de Soyres est chargée de mission à la Communauté Urbaine du Havre Seine Métropole, qui est notamment connue pour sa Toile alimentaire, outil de cartographie et mise en relations sur le territoire. Elle présente le PAT et les relations que la collectivité entretient avec les entreprises privées dans le cadre de ce PAT.

Vidéo du pré à l’assiette #BienMangerauHavre diffusée en séance 

Ensemble des vidéos #BienMangerauHavre

Eléments issus des échanges sur l’outil de conversation

  • Quels liens avec les « civitech » sur ces sujets d’alimentation de demain et de nouvelle organisation plus résiliente et mention de la start up qui vient de se lancer https://www.aimpact.tech/
  • Dynamiques des « startup de Territoires » initiées par Valence Romans Agglo
  • Un représentant d’Interfel (Interprofession des fruits et légumes frais) précise : « Les circuits courts représentent 3 à 4% en fruits et légumes frais ».
  • Question : « Concernant la distribution je suis preneuse d’exemples ou d’expérimentations concernant la création de points de vente / magasins de proximité / boutiques de producteurs intégrés à des Programmes de construction portés par nos sociétés d’aménagement public. Rédaction de cahier des charges ? Existe-t-il des modèles de collaboration et de contractualisation public / privés ? »

Une Réponse : A Lyon, Via Terroirs (https://www.viaterroirs.com/) travaille avec une légumerie, un groupement de producteurs et des dizaines de producteurs individuels. Ensemble, ils ont livré plusieurs milliers de fois à des centaines de clients professionnels de tout type : restaurants traditionnels, cantines scolaires autogérées, cuisines centrales, société de restauration collective, restaurants d’entreprise, petits commerçants et magasins de la grande distribution

Aussi, sur un modèle de collaboration et de contractualisation public / privés, Via Terroirs travaille avec le PAT du Pays de Lorient : http://marchedeterritoiredupaysdelorient.bzh/

  • « Le Pays de Saint-Brieuc est en train de développer dans le cadre du projet Localeat (bientôt disponibles sur le site web du projet : https://www.localeat.org/) : Une définition du produit local et des outils pratiques pour : 
    • Utiliser le storytelling pour marketer un produit local
    • Transformer un produit local en une expérience touristique
    • Utiliser des outils digitaux pour connecter l’offre et la demande localement
    • Favoriser l’approvisionnement local en respectant les règles de la commande publique »
  • Valence Romans Agglo (26) : « L’association AGricourt sur notre territoire témoignerait volontiers si besoin : plateforme de producteurs locaux /logistique pour RHF, structuration de filières, resto commerciale, établissements sanitaires…. »

Et « Je partage aussi notre expérience sur le croisement filières que l’on fait au sein de notre territoire avec l’accompagnement de structuration de filière à la fois BNI (bas niveaux d’intrants au titre de nos 8 captages prioritaires) et notre trajectoire alimentaire Afterres 2050 pour qu’il y ait corrélation. Soutien Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse là-dessus » 

  • « L’échelle des coopératives n’est pas la même que celle des PAT. Ça pose souvent problème au moment de faire projet. »
Revisionnez tout le PATlab en cliquant sur la vignette

Revisionner tout le PATlab « Les modèles économiques dans les PAT ».

Ou revisionner à partir d’un moment précis du séminaire en cliquant sur l’un des titres :

9h30 – Introduction et cadrage par le RnPAT

9h45 – Cadrage par les experts

10h00 – 1er tour de table : présentations d’initiatives

10h45 – Echange avec la salle

11h – Pause

11h10 – 2nd Tour : Massification / Changement d’échelle et perspectives

11h45 – Echanges avec la salle

12h10 – Prise de recul, perspectives par les experts

12h25 – clôture par le RnPAT

Ressources et travaux du RnPAT sur le sujet

  • Le Séminaire de juin 2018  : «  Comment mieux intégrer les opérateurs économiques dans les projets alimentaires territoriaux » avait pour enjeu d’aborder la place de ces opérateurs, leur mobilisation et les freins/leviers quant à leur implication dans les PAT, à une époque où le sujet émergeait encore. Nous avions pu aborder le rôle de certains acteurs « facilitateurs » (les collectivités par ex.), de certains outils (la restauration collective ; des projets structurants à l’image du Pôle agroalimentaire) … 
  • Le Séminaire partenarial Terres en villes – Banque des territoires janvier 2019 : « comment faire émerger et consolider des Projets Alimentaires Territoriaux économiquement viables ? »  a abordé les modèles de coopérations et de gouvernance de projets efficients à l’échelle locale, le cas de filières locales et le cas d’investissements structurants.
  • Les sujets des coopérations entre acteurs et des modèles économiques sont aussi des sujets travaillés dans le cadre des coopérations entre le RnPAT et les réseaux de PAT en Région, coopérations que le RnPAT souhaite continuer à développer. Il est important de mentionner que ce sujet est à l’agenda commun de ces réseaux.
  • A l’occasion d’entretiens avec les porteurs de PAT, dans le cadre de l’Observatoire national des PAT, quelques retours ont été faits sur la place du champ thématique de l’économie alimentaire dans les PAT. Le PATnorama n°1 paru en 2020 qui dressait un premier panorama de la dynamique des PAT en se basant sur un échantillon d’une quarantaine de PAT présentait sous forme de diagramme les secteurs d’action des PAT. Le PATnorama n°2 paru en juillet 2021 confirme ces tendances et questionne les liens entre politiques agricoles et politiques alimentaires. Il en ressort que le secteur d’action de l’économie alimentaire et des filières est mobilisé dans 100% des PAT, autant Agri-alimentaires que Systémiques. Les PAT considèrent fondamentale l’économie alimentaire et l’appui au monde agricole : beaucoup se basent sur des actions agricoles. Les PAT « Agri-alimentaires » (41% à fin 2020) ont gardé cette entrée par le prisme agricole quand les PAT systémiques (59% à fin 2020) abordent l’alimentation de manière plus générique, prenant en compte les différentes dimensions de l’alimentation et les articulant.
  • Les travaux d’Esther Dinh stagiaire à Terres en villes relatifs à la gouvernance et au rôle particulier des habitants et des acteurs intermédiaires et dont les résultats seront valorisés dans le PATnorama n°3.
Les secteurs d’action par grands types de PAT – Source : RnPAT PATnorama n°2 Juillet 2021
  • Clotilde Pallier, stagiaire à Terres en villes sur les scenarii d’évolution du RnPAT a réalisé son mémoire de Master (cliquer ici pour le télécharger) sur le sujet de l’implication des acteurs économiques dans les PAT. Il est intitulé : « Les acteurs économiques dans les projets alimentaires territoriaux –  Le cas des acteurs agro-industriels de l’aval dans les PAT infrarégionaux ».

Avec le soutien financier de :